Décryptage #6 – La Coupe de France des clubs

Chers Triathlètes et Duathlètes,

 

La Coupe de France des clubs est depuis longtemps une institution pour nombreux athlètes qui viennent clôturer leur saison en participant à cette fête du Triathlon et Duathlon.

Cette année, beaucoup de membres de la Fédération de Demain étaient présents pour participer et pour échanger sur le projet de notre association.

Nous avons pu observer un certain nombre de choses et nous tenions à partager ce constat et apporter des pistes de réflexion pour améliorer encore un peu plus cette coupe de France.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas la coupe de France, voici le programme :

  • Samedi matin: coupe de France de Duathlon en CLM par équipe avec départ des équipes féminines puis des équipes masculines. Chaque équipe est qualifiée dans sa Ligue respective. Le classement est obtenu par l’addition des temps de chaque équipe. S’il n’y a pas deux équipe de chaque sexe, le classement est appelé Challenge Féminin ou Masculin,
  • Samedi après midi : coupe de France de Triathlon sur le même principe,
  • Dimanche matin: coupe de France Jeunes sur un format XS Relais Mixte (400/10/2,5 x4) pour les catégories Minimes à Junior avec un seul classement final. Il suffit de s’inscrire pour participer, dans la limite des places disponibles,
  • Dimanche midi: coupe de France Master en CLM par équipe avec trois classements, un Féminin, un Masculin et un Mixte. Il suffit de s’inscrire pour participer, dans la limite des places disponibles,
  • Dimanche après midi: une course open laissée à la libre appréciation de l’organisateur.

 

Premier constat, le nombre d’équipes de Duathlon est très inférieur au nombre d’équipes de Triathlon. La question peut être de se demander s’il ne faut pas augmenter les quotas par Ligue afin de permettre au plus grand nombre de participer à cet évènement.

Un élément qui a été noté d’ailleurs est l’incohérence entre la RGF et l’information envoyée aux clubs. D’un côté, il est spécifié devoir s’inscrire jusqu’à une semaine de l’épreuve, de l’autre que c’était possible jusqu’au lundi midi. Dommage de voir des clubs ne pas participer pour des flous de communication administrative. Idem pour les briefings de course avec des informations parfois contradictoires.

 

Deuxième constat, en Duathlon, les meilleurs français sont au départ car la saison est composée de peu de courses. En revanche, c’est l’hécatombe en Triathlon où aucun triathlète en équipe de France n’était présent sur le weekend. On comprend aisément leur absence au vu du calendrier chargé qui est le leur avec un nombre d’échéances internationales grandissant et l’objectif de présence sur les Grands Prix essentiel pour leur club.

La réflexion que nous avons est la suivante. Aujourd’hui, le Championnat de France Elite se déroule sur une manche du Grand Prix. Les meilleurs nationaux ne peuvent plus se confronter aux meilleurs internationaux français. La Coupe de France constituait un relais intéressant puisque tous les publics se côtoyaient et respectaient l’origine de notre sport : tout le monde, du meilleur au moins rapide, se retrouve sur la même ligne de départ.

Dès lors, comment recréer du lien entre les triathlètes en équipe de France et les jeunes s’ils ne se croisent jamais tout au long de la saison ? La synergie d’un sport repose sur l’envie d’aller au bout de ses rêves. Plus le fossé grandit entre les publics, plus l’envie peut s’effriter. Quelle solution apporter pour recréer cette passerelle ? Le retour d’un véritable Championnat de France Individuel ? Une opération de communication avec la présence de nos meilleurs français sur la Cup ? On sait que dans une logique de développement durable, le choix sera gagnant pour tous.

 

Troisième constat qui découle du deuxième. La Coupe de France est « obligatoire » pour les clubs évoluant en Division 1 et en Division 2. En effet, une pénalité de 2000€ est appliquée pour les clubs qui n’alignent pas d’équipe sur ce championnat. Cela concerne plus de 110 équipes sur les 350 présentes. La question est de savoir quel pourcentage d’équipes participe par « obligation » et quel pourcentage d’équipes participe par réelle envie. Certaines grosses équipes font courir des « équipes bis » et cela avantage des clubs qui ont plutôt l’habitude du milieu de tableau. Cela peut, au final, être considéré comme une bonne chose. La question devient dès lors : « quel est l’enjeu de cette Coupe de France ? ». S’il s’agit de faire la fête, il semble difficile d’obliger les gens à y participer. S’il s’agit d’une épreuve de prestige, alors il faut accompagner l’organisateur vers la valorisation de cette manifestation.

 

Quatrième constat, la Coupe de France Jeunes permet à chaque club de valoriser leurs jeunes en leur « offrant » cette participation à cette épreuve nationale. Néanmoins, les écarts de niveau sont extrêmement importants et ne sont pas valorisants pour les équipes les plus faibles. De plus, c’est un laps de temps important pour l’organisateur qui se trouve dans l’obligation de faire courir les jeunes très tôt le dimanche matin. Est-ce qu’un format XS raccourci de type 250/6/2 ne serait pas plus adapté ? Il nous semble que cela augmenterait l’intérêt sportif avec des écarts plus faibles. Le format en relais nous semble en revanche pertinent, à la fois pour des raisons évidentes de mixité, aussi bien que dans la logique de l’entrée aux Jeux Olympique de ce format de course. Seul bémol, pour les clubs qui ne peuvent fournir d’équipe mixte mais ce sont bien les choix politiques qui créaient les conditions d’émergence.

 

Enfin, la Coupe de France Master qui permet à nos vétérans de s’exprimer sur format S en CLM. Pas grand-chose à dire sur ce temps de course qui est important pour ce public souvent délaissé. C’est d’ailleurs l’écueil que l’on peut faire. On peut imaginer une présentation du Club France sur le podium à l’issue de la course. Beaucoup de groupes d’âge qui ont performé cette saison étaient présents et ça aurait pu être l’occasion de les mettre à l’honneur.

 

La Coupe de France reste une organisation liée à un organisateur qui fournit un travail très important pour accueillir plus de 2000 participants sur un weekend. Le rôle de la Fédération est de l’accompagner dans l’attractivité à donner à cette épreuve. La communication sur cet évènement doit donc être travaillée au sein des Ligues et au niveau national sur l’ensemble de l’année. A ce jour, où trouve-t-on la liste exhaustive des clubs qualifiés ? Existe-t-il une vidéo qui mette en avant l’évènement ? Peux-ton imaginer des athlètes qui seraient ambassadeurs de l’épreuve ? Enfin, de manière générale, quelle philosophie la FFTRI veut donner à cet évènement national ?

 

Il y a certainement d’autres éléments qui peuvent être notés et nous comptons sur vous pour nous faire des retours afin de faire avancer le débat. Vous pouvez d’ores et déjà partager ces informations et les commenter.

 

Bienvenue à tous et bon début de coupure pour la plupart !

 

Les artisans de la #FederationdeDemain

 

Une pensée sur “Décryptage #6 – La Coupe de France des clubs

  • 06/10/2017 à 05:43
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    La coupe de France des clubs est sur le fond une belle épreuve.
    Cependant, la date n’est pas vraiment adaptée. Lorsque, les clubs ont des cadets ou des juniors qui rentrent en prépa, en PACES ou autres écoles, ils ne peuvent amener des équipes alors que cela pourrait être pour ces jeunes l’occasion d’un au-revoir temporaire au Triathlon entre copains.
    Concernant la participation de l’Elite: En natation, chaque année il y a les interclubs par équipe où tous les internationaux doivent participer et la date est en adéquation avec les différents calendriers afin qu’ils puissent être présents. Et qu’elle joie pour les plus jeunes de nager dans le même bassin, voire dans la même équipe que leurs champions. Ne pourrait on pas envisager la même chose en Triathlon ?
    Concernant l’obligation par amende, ne vaudrait il pas mieux inciter les clubs de D2 et D1 à participer avec un système de bonus, une valorisation vaut toujours mieux qu’une sanction.

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