ITW Stéphane PASCAL – Triathlon Toulouse Métropole

Cette semaine, nous avons le plaisir de vous faire partager l’ITW de Stéphane PASCAL du club de Triathlon Toulouse Métropole.

 

Bonjour Stéphane, peux-tu te présenter ainsi que présenter ton club et son histoire ?

Bonjour, Stéphane Pascal, 48 ans, marié, 3 enfants, ingénieur dans le spatial à Toulouse depuis 27 ans, sportif depuis toujours (tennis, football, planche à voile, natation, rugby puis triathlon), je pratique le triathlon sans prétention depuis 15 ans. Licencié puis responsable de l’école de triathlon du Sud Triathlon Performance depuis sa création en 2006, j’ai accédé en 2013 à la présidence du club devenu le Triathlon Toulouse Métropole en 2014. Le club est né il y a bientôt onze ans pour répondre à l’absence d’école de triathlon structurée au cœur de l’agglomération Toulousaine. Ce pari d’un développement et d’un accompagnement de la pratique des jeunes triathlètes s’est rapidement avéré payant puisque le nombre de licenciés est passé de 23 à près de 230 (dont 65 jeunes) en dix ans et que l’école de triathlon n’a cessé de croitre en nombre de pratiquants comme en qualité avec de plus en plus de jeunes accédant au plus haut niveau régional voir national. L’accès de nos deux équipes élites femme et homme n’est donc pas un objectif prioritaire mais une conséquence positive de cette politique jeune. En parallèle, la structuration par l’école de triathlon a permis de développer un esprit familial qui fait aujourd’hui du TTM un club équilibré où les pratiquants loisir partagent leurs entrainements avec les élites ce que peu de sports permettent.

 

Vous participez activement à la formation des jeunes, quelles sont les principales forces de votre organisation dans l’accompagnement des jeunes ? Quels freins rencontrez-vous ?

Avec le nombre croissant de jeunes , l’école de triathlon s’est naturellement structurée pour offrir un encadrement et un suivi efficace aux jeunes triathlètes. Une responsable de l’école de triathlon assure les aspects logistiques et organisationnels et un encadrant est dédié à l’animation sportive sous la responsabilité de notre directeur sportif. Il est épaulé par 3 à 4 stagiaires STAPS pour les séances de l’école de triathlon du mercredi après-midi.
Ce fonctionnement est complété par la mise en place de deux groupes jeunes : le « pôle espoir » réservé aux jeunes pouvant prétendre intégrer à terme nos équipes élites et un « groupe potentiel suivi » qui propose à ceux qui le souhaite de profiter d’un suivi personnalisé. Tous les jeunes intégrant l’un de ces deux groupes ont un encadrant référent chargé de leur suivi individualisé en veillant au bon équilibre entre leur pratique sportive et leurs études. Ce suivi individuel ne les empêche pas de partager leurs entrainements avec tous les membres de l’école de triathlon ainsi qu’avec les adultes pour les plus grands.
Les freins rencontrés sont principalement d’ordre matériel : manque d’infrastructures en particulier les piscines avec un seul créneau natation réservé aux jeunes et un nombre de lignes limité et difficultés à trouver des financements pour la rémunération ou le dédommagement des encadrants.
Le dernier obstacle au développement de la pratique jeune est l’image de sport difficile d’accès renvoyée par les médias (triathlon = Ironman !). Beaucoup de parents hésitent encore à nous confier leurs jeunes enfants.

 

Vous participez également aux différents championnats de France des clubs. Quelle est votre politique sur ce sujet ? Quelles sont vos satisfactions ? Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Notre équipe masculine a accédé pour la première fois au championnat de France D2 en 2010 avec une équipe composée de jeunes de l’école de triathlon et des meilleurs triathlètes régionaux venus naturellement rejoindre un club dynamique et performant. La première expérience en D1 date de 2012 et l’équipe hommes n’a cessé depuis de faire des allers-retours D1/D2 enrichissants. Si quelques étrangers sont venus renforcer l’équipe malgré le manque de moyens, l’ossature est restée régionale et des places restent réservées aux jeunes qui atteignent un niveau compatible des exigences de la D1 ou la D2.
Le même schéma s’est mis en place chez les féminines qui après l’accession en D2 l’an dernier sont montées en D1 cette année suite aux nombreux désistements. Lorsque la FFTri nous a proposé d’accéder à la D1, les filles n’ont pas hésité une seconde et ont accepté de relever l’énorme défi. Naturellement, Le TTM profite de pouvoir vivre de telles expériences.
Ma plus grande satisfaction est l’état d’esprit qui règne au sein de ces équipes. Il suffit de voir les sourires sur les lèvres de tous les membres de l’équipe et de l’encadrement et l’enthousiasme des étrangers qui renforcent les deux équipes pour mesurer le plaisir que nous prenons tous à participer à cette belle aventure du haut niveau. Preuve de la solidité de cet état d’esprit, les résultats obtenus à Dunkerque (14ième chez les femmes, 17ième chez les hommes) n’ont pas altéré cet enthousiasme.
Les difficultés rencontrées sont avant tout financières. Sans parler de rémunération, de primes ou de salaires, le simple fait de payer les déplacements, les hébergements et les repas sur 5 étapes pour deux équipes dans l’année représentent un budget très conséquent. Les partenaires institutionnels sont en difficulté depuis quelques années, les partenaires privés se font rares et augmenter le coût des cotisations est toujours délicat. De plus, notre sport souffre d’un énorme déficit de communication. Une majorité de partenaires potentiels ne sont pas capables de lister les 3 disciplines du triathlon et nous posent parfois des questions sur les difficultés d’enchainer la course à pied avec la carabine ou le tir à l’arc ! A ce jour, ni les ligues régionales ni le service communication de la FFTri ne sont parvenus à faire connaitre et reconnaitre notre discipline.
Enfin, l’expérience montre qu’avec le même effectif, il est possible d’être sur le podium de D2 une année et absolument impossible de se maintenir en D1 l’année suivante. Par ailleurs, nos meilleurs jeunes peuvent participer aux courses en D2 mais n’ont souvent pas le niveau pour vivre l’aventure de la D1. Il est pourtant difficile d’expliquer à un groupe sérieux et motivé qu’il vaut mieux refuser la montée ! Le règlement ne le permet d’ailleurs pas deux ans de suite sous peine de relégation si je ne me trompe pas.

 

Vous accueillez deux triathlètes de niveau international avec Aurélien LESCURE sur format olympique et Antony COSTES sur format Longue Distance. Peux-tu nous expliquer ce qui a amené le club à rentrer dans ce schéma ?

Aurélien, né dans l’Aveyron et Antony, né dans le Gers habitent tous les deux à Toulouse depuis plusieurs années. Ils sont attachés à notre ville et sa région et ont rapidement adhéré au projet porté par le club. Grâce à quelques partenaires, nous sommes parvenus à compenser partiellement le manque à gagner que représentait pour eux de refuser les propositions alléchantes des plus gros clubs français. Nous les avons également accompagnés dans la préparation de leur vie professionnelle future, Aurélien est aujourd’hui ingénieur chez Thales Alenia Space et se félicite de cette transition qui va lui permettre de passer de sa carrière de triathlète à sa nouvelle vie d’ingénieur sans d’autres soucis que trouver le temps de s’entrainer.
Pour les adhérents du TTM, en particulier les jeunes, partager le stage de printemps et certains entrainements avec des triathlètes internationaux est un rêve, c’est la raison pour laquelle nous avons œuvré en ce sens. Et bien sûr, nous espérons que d’autres jeunes toulousains prendront le relais dans quelques années.

 

Vous organisez deux manifestations chaque année avec un Triathlon et un SwimRun. Est-ce que vous pouvez nous présenter la philosophie de ces évènements ? Que manque-t-il selon toi pour que ces épreuves deviennent encore plus populaires ?

Depuis sa création le TTM a toujours organisé des épreuves, le triathlon de Labège dès 2007, celui de Revel depuis 2008 enfin celui de Toulouse (devenu un SwimRun cette année) depuis 2012. Le club a également organisé trois éditions du Décatrail ainsi qu’un aquathlon de la Saint-Valentin en 2014.
Deux raisons principales expliquent ce choix structurant pour le club :
– Le développement de notre discipline et du club
– Le financement de l’école de triathlon et des équipes élites
Faire connaitre le triathlon et le club au travers de nos organisations permet d’attirer de nombreux pratiquants qui viennent ensuite naturellement profiter d’entrainements structurés après s’être entrainés seuls pendant des mois voire des années. Ces organisations offrent également une belle vitrine aux partenaires qui viennent plus volontiers nous soutenir sur nos épreuves qui attirent un large public que pour financer les équipes élites.
Participer à l’organisation d’une de nos épreuves est également obligatoire pour tous les adhérents. Cette obligation se transforme la plupart du temps en plaisir de partager. Nos adhérents se connaissent presque tous car ils se retrouvent aux entrainements, sur les courses et surtout sur les organisations.
Cependant, nous ne parvenons pas à remplir nos épreuves avec en particulier un très faible taux de participation des licenciés. Le déficit de communication déjà évoqué nous est très certainement préjudiciable mais n’explique pas tout. Beaucoup d’actions ont été menées depuis plusieurs années (changement de parcours, de site, de dates, …) mais la solution miracle n’a toujours pas été trouvée. Il n’existe à ce jour aucun forum fédéral permettant de partager sur ces sujets, la Fédération de Demain pourrait pallier à ce manque.

 

Quelles évolutions sont prévues au sein de ton club dans les années à venir ? Y a-t-il une ambition de faire plus, une ambition de faire mieux ou les deux ?

Le club continue de grandir et de se structurer. Le virage de la professionnalisation des encadrants a été pris en 2013 lorsque j’ai accédé à la présidence, il faut maintenant renforcer cette professionnalisation. C’est le premier objectif du club dont le fonctionnement repose sur une poignée de bénévoles surmotivés mais parfois fatigués.
Le club peut continuer de faire plus et mieux mais en veillant à rester raisonnable dans ses objectifs en ne brulant pas les étapes. La création d’une section scolaire reste un objectif moyen terme ambitieux qui viendrait renforcer un peu plus l’école de triathlon déjà prospère.

 

La Fédération de Demain vient de naître. Quelle est ton opinion sur cette association et sa philosophie ?

Suite à la belle campagne menée par Florent Roy en préparation de l’AG élective FFTri de mars 2017, la création de la Fédération de Demain s’imposait comme une suite logique au travail d’équipe menée par Florent et ses soutiens. Ayant participé à cette campagne, j’ai pu mesurer l’engouement et les attentes de nombreux licenciés de la FFTri et de pratiquants non licenciés pour les idées novatrices et réalistes proposées par l’équipe de campagne. Les artisans de la Fédération de Demain que nous sommes devront au travers de l’association nouvellement créée répondre aux attentes des nombreux pratiquants qui ne se retrouvent pas toujours dans les choix, les décisions et les actions de la FFTri. La Fédération de Demain est née, ses artisans vont maintenant la faire grandir et mûrir. Quel beau projet auquel je suis fier de participer !

 

Merci Stéphane pour tes réponses et bonne continuation ces beaux projets.
Si vous souhaitez également partager votre expérience, n’hésitez pas à nous contacter.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *